Léon BERTRAND, a présenté ce matin, en conseil des ministres, les résultats du tourisme. « 2006, un bon cru pour le tourisme en France »
La France est toujours la première destination mondiale, dans un contexte de
plus en plus concurrentiel, avec 78 millions de touristes accueillis en 2006.
Pour le ministre délégué au tourisme, ce résultat est le fruit d’une politique
ambitieuse et déterminée en faveur du tourisme, un secteur qui représente environ
2 millions d’emplois directs et indirects et 6,5 % du PIB.
Cette politique a été essentiellement définie à l’occasion des deux comités interministériels
du tourisme de 2003 et 2004 et s’est traduite par :
- une nouvelle stratégie marketing de Maison de la France et l’augmentation de
son budget, visant à générer une recette touristique internationale de 40 milliards
d’Euros en 2010 ;
- un plan Qualité tourisme contribuant, à travers une montée en gamme de l’hébergement
notamment, au renforcement de la compétitivité du secteur, plus de 3.000 établissements
étant d’ores et déjà concernés par la démarche ;
- un contrat de croissance en faveur du secteur des hôtels, cafés et restaurants
;
- un programme de travail pour le secteur foires, salons et congrès ;
- la loi du 14 avril 2006 consacrée au tourisme et comprenant, notamment, la
création d’un code du tourisme, une réglementation des chambres d’hôtes et une
réforme du régime juridique des stations classées et des communes touristiques
;
- un renforcement du tourisme social qui permet le départ en vacances des personnes
en difficulté avec la création d’un pôle social au sein de l’Agence nationale
des chèques vacances et la promotion du label tourisme et handicap qui concerne,
désormais, plus de 2.000 établissements.
Pour Léon BERTRAND, Les effets de cette politique apparaissent dans les chiffres
du bilan de l’année touristique 2006.
Si le taux de départ en vacances (séjours à titre personnel comprenant au moins
quatre nuitées) est stable autour de 65,7 %, il masque une tendance à l’augmentation
des courts séjours. Des évolutions sensibles sont également constatées pour la
répartition des séjours (toutes durées confondues) tout au long de l’année. Moins
nombreux à partir lors de l’hiver 2005-2006 (– 2,6 % de séjours), les Français
l’ont été beaucoup plus cet été (+ 4,1 %). Le printemps et l’automne ont aussi
été marqués par un nombre important de courts séjours.
Les Français se sont dirigés un peu moins vers l’étranger, leur taux de départ
passant de 17,4 % à 17 %. Au cours de l’été 2006, les destinations privilégiées
ont été, à 75 % l’Europe (Espagne et Italie notamment) suivie par la Tunisie et
le Maroc, avec une croissance forte de l’Asie (quadruplement en trois ans).
La tendance à la fragmentation des vacances et à une réservation tardive est
favorisée par l’extension du recours à Internet. Les Français ont acheté sur Internet la moitié de leurs voyages d’été et le
tourisme représente la moitié des achats effectués en ligne, toutes activités
économiques confondues. De ce fait, les agences de voyages traditionnelles représentent
désormais 45 % des ventes de voyages à forfait, 20 à 25 % d’entre eux étant commercialisés
sur le net et le reste en ventes directes et grandes surfaces.
Les arrivées de touristes étrangers en France, pour un séjour d’au moins une
nuitée, ont sensiblement augmenté, avec une estimation à 78 millions (+ 2,7 %).
Le nombre des excursionnistes, sans nuitée, progresse davantage encore pour atteindre
116 millions (+ 34 % en dix ans). Les recettes touristiques internationales qui étaient de 34 milliards d’Euros
en 2005 ont progressé l’an dernier de 2,5 %, selon les estimations actuelles.
La clientèle européenne reste largement majoritaire et est marquée par la poursuite
d’une augmentation sensible du nombre des visiteurs espagnols, néerlandais, suisses
et des ressortissants de l’est de l’Europe. Les Britanniques reprennent aux Allemands
la première place. Parmi les clientèles lointaines, l’Amérique du Nord (+ 3 %)
progresse du fait du Canada. La clientèle chinoise, apparue en 2004, continue à augmenter fortement et représente
déjà 600.000 visiteurs.
Les résultats de l’hébergement traduisent une évolution favorable à la montée
en gamme. Dans l’hôtellerie où la fréquentation est globalement stable (- 0,4 %), le taux
d’occupation progresse de 1,2 point pour atteindre 60,4 %. Ce mouvement profite
surtout aux hôtels de haute et moyenne gamme, les hôtels sans étoile connaissant,
au contraire, une baisse de fréquentation. La clientèle française, surtout la
clientèle d’affaires, a tendance à allonger sa durée de séjour, à la différence
de la clientèle étrangère.
Dans l’hôtellerie de plein air, c’est-à-dire les campings, le nombre de nuitées
progresse fortement pour atteindre 100 millions (+ 2,5 %). Ce résultat concerne aussi bien la clientèle
française (+ 2,1 %) que la clientèle étrangère (+ 3,3 %). Parmi les étrangers,
les Néerlandais restent, de loin, les plus nombreux – 42 % du total – suivis par
les Britanniques. La croissance de la fréquentation est principalement générée
par les emplacements locatifs, équipés d’un bungalow ou d’un mobile home, dont
les nuitées ont augmenté de 13 % alors que celles des équipements nus diminuaient
de 2 %. Comme dans l’hôtellerie, ce sont surtout les campings haut de gamme qui
enregistrent les meilleures progressions.
L’Outre-mer, pour sa part, se caractérise par une progression sensible des nuitées
dans l’hôtellerie en Guyane et à la Martinique et une stabilité en Guadeloupe.
A la Réunion, face à la crise née de l’épidémie de chikungunya, le gouvernement
a pris l’initiative d’un plan de relance du secteur qui comporte deux volets : une campagne de promotion de la destination qui s’est
déroulée en septembre – octobre derniers et la préparation par ODIT France d’un
programme de restructuration de l’offre touristique de l’île.
S’agissant de la saison hiver 2006-2007 en montagne, le taux d’occupation au cours des vacances de Noël s’est révélé excellent, échelonné,
selon les massifs, de 77 à 83 % pour le secteur non marchand et de 64 à 97 % pour
le secteur marchand. Les commerces et les restaurants ont bénéficié du manque
d’enneigement dont ont souffert les activités
traditionnelles de neige. Pour les vacances d’hiver (10 février – 12 mars), les
taux d’occupation prévisionnels sont, à ce stade, bons. Néanmoins le niveau d’enneigement
est suivi de près par le gouvernement.
Les bons résultats du tourisme en 2006 ont, bien sûr, une traduction en termes
d’emploi. Au 30 septembre, les emplois salariés atteignaient 846.000 dans les hôtels, cafés
et restaurants. Ceci correspond à une hausse annuelle de l’emploi de 2,5 %, à
comparer avec une progression de 1 % pour l’ensemble des secteurs de l’économie
nationale. Ce sont ainsi 19.200 emplois nets qui ont été créés, chiffre le plus élevé depuis 5 ans. Le tourisme est le troisième secteur créateur
d’emplois, après les services aux entreprises et la construction.
Le soutien spécifique apporté par le gouvernement à ce secteur produit bien des
résultats sur le front des créations d’emplois.
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